JE ME SUIS DISSOUTE LORSQUE J’AI DÉCOUVERT CETTE FIBRE ANIMÉE
ET ON S’EST ÉVAPORÉ·E·S À L’INTÉRIEUR

Commissariat : Emmanuelle Hamon

Je me suis dissoute lorsque j’ai découvert cette fibre animée et on s’est évaporé·e·s à l’intérieur

Installation immersive composée de diagrammes et textes cousus et brodés avec et sur des tissus récupérés, d’un millier de papiers annotés, d’objets et meubles récupérés et d’une peinture in situ, 2025.

Photo © Cyril Boixel, 2025.

Je me suis dissoute lorsque j’ai découvert cette fibre animée et on s’est évaporé·e·s à l’intérieur est une mise en scène des pérégrinations d‘un personnage fictif ou très réel, savant fou ou ignorant fou, non entièrement humain, qui n’a pas vraiment de genre, sans cesse dans la tentative, l’échec, l’erreur, qui a soif d’une utopie presque contradictoire.

Il utilise, créé, assemble et invente des lettres, des mots, afin de développer des réflexions sur nos rapports individuels et collectifs aux normes, à la nature et à la culture, à la vérité et à la croyance, à l’utopie et à la dystopie, à la raison et à la folie, au savoir et au pouvoir, et par conséquent, tenter d’aller vers l’égalité.

Par le biais de ses recherches incessantes et obsessionnelles, ce personnage tente d’apprivoiser le chaos de nos réalités, de mettre de l’ordre, dans un certain ordre et de créer une mutation par le langage, en inventant des mots, en se hasardant à réfléchir une nouvelle langue, en envisageant un éventuel avenir à tous nos types d’interactions et en faisant des projections sur nos mondes futurs.

Recherches, créations et productions réalisées aux cours de trois moments de résidences. En 2019/2020 à la bibliothèque du Musée des Abattoirs – FRAC Occitanie avec le soutien de l’isdaT, Toulouse, France. En 2023, à Pollen, Monflanquin, France. En 2023/2024 à la Fonderie Darling, Montréal, Canada et à la Gare de Matapédia, Canada en partenariat avec l’isdaT.

Exposition personnelle présentée dans le cadre du Prix Mezzanine Sud au Musée des Abattoirs – FRAC Occitanie, Toulouse (France) du 13 février au 31 août 2025.

Commissariat : Emmanuelle Hamon

Production : Musée des Abattoirs – FRAC Occitanie, Toulouse (France), Pollen, Monflanquin (France), Institut Supérieur des Arts de Toulouse (France) et la Fonderie Darling, Montréal (Canada).

Vues de l’exposition Je me suis dissoute lorsque j’ai découvert cette fibre animée et on s’est évaporé·e·s à l’intérieur au Musée des Abattoirs – FRAC Occitanie, dans le cadre du Prix Mezzanine Sud.

Photos © Cyril Boixel – 2025

« Un personnage, inqualifiable, indéfinissable, tente, recherche, échoue, s’exerce, se perd, s’épuise à comprendre, apprivoiser, appréhender, saisir, les tenants et les aboutissants, les méandres, les circonvolutions du chaos de notre monde.
Apparemment, son but est de remettre de l’ordre, mais lequel ?

Il est rien et tout à la fois.
Personne et tout le monde.
Il ne sait pas ce qu’il cherche.
Peut-être un peu de paix, de calme, d’acceptation ou juste de l’indulgence.

Il côtoie la violence et flirte avec, sans cesse.
Il la dévore, la contemple sans pour autant l’apprivoiser.
Il la mange pour essayer de la transformer.
Il se comporte comme un élastique avec elle.
Il la veut, la désire et la rejette.
Parce qu’il sait ce qu’elle est.
Il veut la manipuler.
Comme une pâte, comme un jouet.
Il veut qu’elle change d’état.
Qu’elle devienne autre chose, qu’elle ne soit plus à personne, qu’elle ne soit plus dans personne.
Qu’elle disparaisse et devienne du vent.
Pour ne plus la connaître.
Pour que plus personne ne la connaisse.

Il se demande d’où elle vient, à partir de quoi elle prend racine.
Comment elle apparaît.
Comment elle se mélange au monde et se fait invisible et tellement palpable à la fois.
Comment elle traverse les pores.
Comment elle s’infiltre dans l’indicible.
Comment elle amène l’indifférence et l’entretien.
Comment elle véhicule l’ignorance et l’oblige.

Elle n’est pas du feu, mais se comporte comme tel.
Elle en donne les mêmes sensations.
Elle abrutit et emporte.
Elle est peut-être de l’eau. »

Le personnage, Mélodie Bajo, 2024.