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LA THÉORIE DU PRESQUE

Performance vidéo, 15 mins, 2019






          Performance réalisée le 9 mars 2019, à l’occasion de la soirée Acronyme II - une lisibilité presque - au sein du collectif IPN.
         Le mot «presque» désigne un adverbe de quantité qui signifie qu’une prédication n’atteint pas le degré où elle serait pleinement appropriée, mais qu’elle s’en approche de si près qu’elle en est comme équivalente.

Le mot «prédicat» désigne une qualité, propriété en tant qu’elle est affirmée ou niée d’un sujet, désigne aussi une expression incomplète du type «... est un homme», qui devient une proposition si on la complète par un nom d’objet, ou encore désigne un terme qui dit quelque chose de l’autre.

Le mot «prédication» désigne une action, fait d’affirmer ou de nier un prédicat d’un sujet et désigne aussi le fait de fournir un prédicat à un syntagme nominal sujet.

Les mots «syntagme nominal» désignent un groupe nominal constitué de plusieurs mots et dont le noyau est un nom (commun) qui fonctionne comme un pronom.




Une comportementaliste analytique déploie une théorie autour du mot «presque», en mettant en situation deux personnes qui sont en réalité des cobayes tenant le rôle du «prédicat» et le rôle du «syntagme nominal». Se considérant comme leur point de raliement, la comportementaliste analytique tient quant à elle, le rôle de la «prédication».

Le «prédicat» et le «syntagme nominal» ne se veulent en apparence aucun mal, car ils ont compris que l’un sans l’autre ils sont incomplets, ils ne sont que presque quelque chose, mais ils recherchent tant bien que mal à exister l’un sans l’autre. Pour se faire, ils vont passer par des moyens plus ou moins originals et des phases plus ou moins spéciales, le tout de manière aléatoire. La «prédication» va quant à elle se placer comme arbitre en les encourageant ou en les décourageant et à la fois comme comportementaliste, expliquant de manière théorique au public ce qu’il est en train d’observer. C’est elle qui va justement théoriser ce presque. Ce que l’on observe à l’écran avec le «prédicat» et le «syntagme nominal», c’est la pratique de ce presque.

Cette comportementaliste analytique va se jouer de cette rencontre entre ce «syntagme nominal» et ce «prédicat» pour bien sûr se mettre en valeur, mais aussi tenter de propager un discours néfaste autour du «presque», elle va propager ce mot et faire en sorte qu’il devienne un mantra pour les personnages à l’écran mais aussi pour le public.



               

Teaser - La théorie du presque from Mélodie Bajo on Vimeo.


LE CONTENTEMENT

Performance radiophonique, 9 mins, 2018






          Performance réalisée le 29 septembre 2018, dans le cadre de la Radio *DUUU bout de la nuit lors de l’édition 2018 du festival du Printemps de Septembre à Toulouse.

À écouter sur (96’43) :

https://www.duuuradio.fr/episode/la-radio-duuu-bout-de-la-nuit-4
         Une jeune cadre dynamique appelle par téléphone l’une de ses collègue. La discussion commence par une question posée par la jeune cadre dynamique : «Où t’en es ?». Son interlocutrice ne comprend pas cette question et commence à lui parler de son «doute» face au bonheur. Elle détaille son propos en l’agrémentant d’anecdotes, d’arguments de rentabilité face au bonheur, de phrases toutes faites, de principes de vie qui sont en réalité des dogmes absurdes, de slogans et de citations trouvées sur internet.

La jeune cadre dynamique ne l’écoute pas vraiment et focalise sur le mot «doute» que son interlocutrice a employé au tout début en l’opposant à la notion de «certitude». Elle détourne ses dires, afin de la convaincre que son importance réside simplement et seulement dans le fait d’être utile aux autres, en abrogeant donc bien sûr son existence. Afin de valider et argumenter ses propos, elle utilise des définitions du dictionnaire qui paraissent parfois philosophiques, des citations bibliques et des prix ignobels.

La discussion se forme sur une sorte de connivence surjouée qui n’est qu’apparence afin de déguiser ce rapport de force grandissant. Même si la discussion se termine en queue de poisson, des signes manifestes de stress, de colère ou de déstabilisation apparaissent succintement dans l’attitude des personnages, comme du bégaiement, des haussements de ton ou encore des accélérations de débits de paroles.


               

LA THÉRAPIE DE GROUPE

Performance vidéo/son, 21 mins, 2018






          Performance réalisée le 23 mars 2018, dans le cadre de la résidence AC/ DC au sein du centre d’art La Cuisine, puis poursuivie et présentée lors du passage de mon DNSEP, le 19 juin 2018 à l’isdaT.
         Une psychologue, lors d’une prestation intellectuelle, démontre son savoir faire auprès d’une jeune fille un peu perdue qui a quelques problèmes.

Cette dernière ne sait pas si elle est droitière ou gauchère, elle confond sa droite et sa gauche, et à cause de ces deux choses, elle n’arrive pas à se reconnaître dans un miroir en compagnie d’autres gens, même de son chat. Cette psychologue dont elle est assez proche, tente à sa manière de l’aider mais reste quand même concentrée sur ses propres questions de la question qui devient problème et du problème qui pose question.

Elle est ensuite interviewée sur sa performance et sa recherche par une présentatrice sceptique et un public qui n’a pas tout compris.
         La thérapie de groupe est une performance qui retrace une discussion, inspirée de forums en ligne et d’interviews. J’interprète tous les personnages dans un dispositif hybride, qui s’inspire de celui de la conférence, du plateau de télévision et de la psychothérapie.

Divers éléments composent cette performance, comme les images youtube dites «satisfaisantes» se trouvant à l’arrière plan, la multiplicité des personnages qui ne sont en réalité qu’une seule et même personne, la disproportion des personnages à l’écran, le dispositif hybride et ces ressentiments latents dûs à l’incompréhension mais aussi à la recherche de domination que pratiquent les différents personnages les uns sur les autres.

C’est dans cette auto-mise en scène, relative au stand-up, qui a pour forme celui d’un sketch comique, que je cherche à questionner le fonctionnement de ces relations structurelles et de ces places vacantes que nous adoptons dans la relation à l’autre, aux autres. Je questionne la réification de nos rapports sociaux quotidiens et de la mise en scène que nous mettons en place continuellement dans nos systèmes de communication.

                             

Teaser - La thérapie de groupe from Mélodie Bajo on Vimeo.


LA MÉTÉO

Performance vidéo/son, 7 mins, 2018






                             
        Deux amies discutent d’un sujet qui les divise : la météo. B se plaint des gens qui se plaignent de la météo et M voit un sens plus métaphysique à cela.
        Cette performance se déroule dans un décor fictif, où les images en arrière plan retracent une tempête passée. La performance retrace une discussion type que l’on pourrait avoir avec un voisin que l’on croise dans l‘ascenseur de son immeuble.

J’interprète les deux personnages présents à l’écran. Ils sont donc très similaires physiquement, mais ils ont deux discours très différents qui s’opposent, d’ailleurs tous deux insupportables.

Les personnages restent campés sur leur position. Ils ne s’écoutent pas et ne s’écouteront jamais. La discussion s’épuise et les idées ne se croisent jamais, à part dans le conflit.

                                
                                 

L’EFFET DE LA MUSIQUE COUNTRY SUR LE SUICIDE

Performance vidéo/son, 10 mins, 2017




        Trois amis discutent d’un sujet apparu récemment dans la presse, une recherche qui a été faite sur l’effet de la musique country sur le suicide. Les avis divergent. Mais très rapidement, l’une des trois se retrouve en porte-à-faux et ce qui était à l’origine une conversation, se transforme en un règlement de comptes.
        Un personnage au milieu d’une grande pièce blanche parle à des projections monumentales dans lesquelles se trouvent deux personnages. C’est un monologue. Elle projette mentalement ce que les autres vont dire.

Ces deux personnages sont presque des figures divines, virtuelles et surplombantes.

Comment à partir d’une discussion de comptoir, une polémique arrive à exister ? Comment à partir d’un espace de non-dit apparaît ? Comment les réels ressentiments passent ?

Les non-dits latents et persistants ne sont pas directement lié à quelque chose de commun, mais à la dimension affective qui se créée dans l’espace du dialogue et non dans son sujet de départ.

Le personnage physiquement présent est souvent dans la course à la parole en recherchant la domination de l’autre et rentre dans un épuisement physique dû à la volonté presque forcenée d’expression.



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